L'appareil stridulatoire chez certaines espèces de Phyllium (Phasmatodea : Phylliidae)

Publication Type:Journal Article
Year of Publication:1995
Authors:Grosser, D
Journal:Le monde des Phasmes
Volume:32
Start Page:12
Pagination:12-13
Date Published:12/1995
Abstract:

Chez les Phyllium , il existe un appareil stridulatoire localisé dans le troisième article des antennes. Cet appareil est présent chez les deux sexes, mais seulement chez les mâles lorsqu'ils sont jeunes.

URL:lemondedesphasmes.free.fr/spip.php?page=imprimer&id_article=342
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Il est peu question de l'appareil stridulatoire chez les Phyllium dans la littérature et ils sont oubliés en partie dans les croquis. Cela est probablement dû au dessèchement du 3ème article des antennes dans les préparations. Lors de nombreuses études de la littérature, je n'ai rien découvert qui ait été écrit sur cet appareil de stridulation chez les mâles jeunes.

Le mode de stridulation chez les Phyllium est différent de celui des Orthoptères. Les Ensifères (Sauterelles) stridulent avec leur ailes, les Caelifères (Criquets) le font avec leurs pattes et leurs ailes. Chez les Phyllium , les antennes sont différentes selon le sexe ; les mâles ont des antennes allongées et légèrement striées, alors que celles des femelles sont courtes et trapues.

La stridulation (correspondant à la production de sons) est produite par le frottement l'une contre l'autre de deux parties du corps ; chez les Phyllium il s'agit du 3ème article antennaire (il y a neuf articles chez les femelles de Phyllium bioculatum et P. giganteum ). Les antennes bougent selon le principe du frottement. Ce faisant, l'arête frotte contre la lisière (voir dessins n°1 à 3) dans un mouvement de va-et-vient. Il n'apparaît pas de phénomène d'usure de ces deux parties, car elles sont constituées de solides amas de chitine. Si l'on approche les Phyllium de son oreille, on peut entendre les bruits qu'ils produisent lorsqu'ils stridulent. La stridulation de ces animaux est liée à une situation d'excitation bien précise.

Mes études ont démontré ceci : la stridulation des femelles adultes est provoquée par l'approche d'un mâle (disponibilité du mâle), ou par le "bien-être" (chaleur agréable). Les animaux ne stridulent pas toujours lorsqu'on les touche ou qu'on les prend dans la main. En outre ils ne stridulent pas non plus lors de combat mortels (étouffement), ni dans des situations de stress.

Contrairement aux adultes, les jeunes stridulent souvent lorsqu'on les touche. Dans ce cas, la stridulation ne peut pas signifier la disponibilité sexuelle.

Jusqu'au stade adulte les mâles, lorsqu'ils sont jeunes, possèdent également un appareil de stridulation (voir dessin n° 1). Tout comme chez les jeunes femelles ils se mettent à striduler en situation d'excitation. L'appareil de stridulation des jeunes de Phyllium bioculatum nouvellement écloses ne présentent pas de différences entre les deux sexes. Celui des mâles disparaît lors de la mue "imaginale".

Quelques recherches ont révélé que les différentes espèces produisent des sons divers. Ceci, parce que l'arête et la lisière ont des structures différentes. L'appareil stridulatoire des Phyllium bioculatum porte 24 petits crans alors que chez les Phyllium giganteum il y en a 26.

Les adultes de Phyllium giganteum produisent des sons plus graves que les Phyllium bioculatum . A l'état juvénile les sons sont en général aigus. Lorsque les sons ne peuvent être perçus, il est utile de s'aider d'un microphone et d'un amplificateur.

Les études portant sur l'appareil de stridulation furent effectuées à l'aide d'une stéréo-microscope au grossissement de 20 à 40 fois.

Il faut encore ajouter que les antennes des différentes espèces sont plus ou moins longues et fortes. Les Phyllium étudiés ici proviennent de mon élevage.

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